Vendre en live en Algérie

Combien coûte vraiment un colis retourné en Algérie ?

Un aller-retour n'est pas une vente manquée : c'est deux trajets payés, une pièce immobilisée et un direct de plus à faire pour la remplacer.

Publié le · LiveShop écrit ce journal sur ce que fait réellement son outil, et sur les chiffres dont il dispose.

Ce que coûte un retour, ligne par ligne

Un colis qui revient n'est pas seulement une vente manquée : c'est une vente manquée plus deux trajets payés. La facture se décompose en quatre lignes, et une seule des quatre figure sur le bordereau du transporteur — c'est pour cela qu'elle passe inaperçue dans un relevé mensuel.

La première est l'aller : le droit de livraison payé pour que la pièce parte. La deuxième est le retour, quand votre contrat le facture — dans la plupart des contrats algériens, un colis non remis repart, et le trajet de retour est du même ordre que l'aller. La troisième est l'article immobilisé : le temps qu'il revienne, il n'est plus en vente, et vous ne pouvez pas le montrer au direct suivant. La quatrième est le direct de remplacement: il faut diffuser à nouveau pour vendre la pièce, et ce temps d'antenne a un coût, ne fût-ce que celui de vos deux heures.

Prenons une commande à Sétif, en domicile, sur la grille que LiveShop utilise pour calculer les droits de livraison d'une boutique en dinars : le Hauts-Plateaux en domicile est à 800 DA. Si votre transporteur vous facture le retour au même tarif, l'aller-retour fait 1 600 DA. Sur une pièce vendue 2 500 DA, la marge de l'opération n'y survivait pas : vous avez payé 64 % du prix de vente sans rien encaisser.

800 DA
aller Hauts-Plateaux, domicile
1 600 DA
le même colis qui revient
48 h
délai de référence dans la zone
2 400 DA
un aller-retour vers le Sud

Le Sud est le poste qui change d'échelle. Sur la même grille, une livraison à domicile vers Adrar, Ouargla ou Tamanrasset est calculée à 1 200 DA. Avec un retour au tarif équivalent, l'aller-retour fait 2 400 DA — 83 % de ce que coûte un mois de formule Starter, payés pour un colis qui revient sans un dinar de plus dans la caisse.

Ce n'est pas la ville qui décide du montant, c'est la zone. Voici les droits de livraison tels que les calcule LiveShop pour une boutique algérienne, d'après la grille Yalidine. Ce sont nos chiffres, pas ceux de votre contrat ; mais l'écart entre les trois zones, lui, ne dépend pas de qui vous livre.

ZoneDomicileStop deskAller-retour en domicile
Nord — Alger, Oran, Blida600 DA400 DA1 200 DA
Hauts-Plateaux — Sétif, Batna, Djelfa800 DA500 DA1 600 DA
Sud — Adrar, Ouargla, Tamanrasset1 200 DA850 DA2 400 DA

Le deuxième poste ne s'écrit sur aucun bordereau

L'immobilisation est plus difficile à chiffrer, et c'est souvent le poste le plus lourd pour une boutique de pièces uniques. Le colis part, n'est pas remis, repart en retour, revient dans vos mains, et doit être de nouveau proposé à l'antenne. Entre le jour où une cliente réserve une robe et le jour où elle est de nouveau en vente, il y a le délai aller, le délai retour, et le direct d'après.

Sur la grille de référence, les délais annoncés sont de 24 heures dans le Nord, 48 dans les Hauts-Plateaux, 72 dans le Sud — jusqu'à 96 chez certains transporteurs vers le Sud. Un aller-retour vers le Sud n'est donc pas deux jours de trajet : c'est une semaine pendant laquelle la pièce n'est nulle part. Et si vous vendez du taille unique — ce qui est le cas de la plupart des boutiques de direct en Algérie —, cette semaine-là ne représente pas un stock immobilisé : elle représente une vente qui n'a pas eu lieu.

Deux conséquences pratiques, que beaucoup appliquent déjà :

  • une pièce qui revient trois semaines plus tard ne se revend pas au même prix : la mode de la pièce a bougé pendant le trajet, et le direct qui la reprend est un autre direct ;
  • un retour depuis une wilaya du Sud doit être compté comme une non-vente avant d'être compté comme une marchandise retrouvée — et cela change la façon dont on accepte une commande dans cette zone, surtout sur une pièce unique qu'on ne pourra pas montrer deux fois dans le même mois.

Trois gestes qui font baisser la facture, par ordre de rendement

Rien de ce qui suit n'est une intention. Ce sont trois gestes datés, dont le premier est le seul que le système interdit d'oublier.

le plus rentable

1. Appeler avant d'imprimer

Sur un marché algérien, l'expédition d'un numéro qui n'a pas été confirmé au téléphone est bloquée : la date de confirmation est la seule preuve dont dispose la vendeuse, et c'est elle qui ouvre la porte du bordereau. Ce n'est pas un conseil, c'est un verrou. Un appel manqué le soir coûte l'aller-retour ; le même appel passé le lendemain matin coûte dix minutes.

2. Annoncer une date tenable

Le colis arrive plus vite dans le Nord que dans le Sud, et une cliente qui croit recevoir sa pièce le lendemain ne répond pas au livreur du surlendemain. C'est la zone de la wilaya qui décide du délai annoncé, et non la ville : Tamanrasset et Alger ont le même nombre de chiffres et un coût trois fois différent.

3. Proposer le stop desk

Le retrait au bureau du transporteur coûte moins cher à l'aller — 850 DA contre 1 200 vers le Sud sur notre grille — et change le taux de remise : une cliente qui passe chaque jour devant le bureau n'a pas besoin d'être chez elle. Domicile ou stop desk se choisit à la commande, et le tarif suit ce choix.

Un quatrième, qui ne coûte rien

Demander la monnaie exacte. Un livreur qui ne peut pas rendre 4 000 DA repart avec le colis, et ce refus-là n'a rien à voir avec l'article. La mention est écrite dans le message d'expédition, et elle ne coûte qu'une ligne de texte.

Ce que ce calcul ne dit pas

Trois réserves, à poser avant de conclure qu'il faut arrêter de livrer loin.

La première : tous les retours ne sont pas du même genre. Une cliente qui refuse parce que la taille ne va pas ou parce que la pièce ne ressemble pas à ce qui a été montré à l'antenne n'a pas posé un problème de logistique, elle a posé un problème d'information. Celle-là ne se règle pas par un appel de confirmation mais en disant les mesures du vêtement, la couleur sous une lumière normale, et ce que la caméra ne rend pas. Un même montant de retour peut donc venir de deux causes qui demandent deux corrections opposées — et les mélanger dans un seul chiffre empêche de savoir laquelle travailler.

La deuxième : un retour n'est pas toujours une perte nette. Une pièce revendue au direct suivant garde sa valeur ; un article soldé ou démodé entre-temps ne la garde pas. Le calcul le plus honnête se fait à la catégorie d'article, pas au colis.

La troisième : ce montant se raisonne aussi à l'envers. Si le calcul montre que chaque retour coûte plus qu'un mois d'abonnement, la conclusion n'est pas de livrer moins — c'est que le poste de dépense réel de la boutique n'est pas l'outil ni le transporteur, mais les dix minutes d'appel qui n'ont pas été prises.

Faire le calcul pour sa propre boutique

Notez trois nombres pendant une semaine de directs : le nombre de colis partis, le nombre revenus, et le droit de livraison moyen que votre relevé vous a facturé pour ces retours. Le coût unitaire d'un retour est l'aller plus le retour ; le coût de la semaine est ce coût unitaire multiplié par le nombre de retours, augmenté des pièces qui n'étaient plus disponibles pendant le trajet.

Vous obtenez un montant, pas une abstraction. Et c'est ce montant qu'il faut comparer au prix du geste qui l'évite : les appels de confirmation du lendemain de direct. Six colis revenus dans le mois depuis les Hauts-Plateaux, c'est 9 600 DA de trajets payés pour rien — l'équivalent d'un mois et demi de formule Pro Live, pour une marchandise qui est revenue dans votre carton sans un dinar encaissé.

La publication qui suit dans le journal détaille les cinq questions qu'une acheteuse pose avant de valider une commande payée en espèces. Chacune d'elles laissée sans réponse est une raison supplémentaire de ne pas ouvrir le carton quand le livreur arrive.

Questions fréquentes

Le transporteur facture-t-il le retour du colis ?+

Dans la plupart des contrats algériens, oui : le retour est un trajet à part, souvent du même ordre que l'aller. Ce n'est pas une règle que nous imposons — c'est la ligne à ajouter à votre calcul, en regardant votre propre grille tarifaire. Si votre transporteur ne vous facture pas le retour, retirez-la : le reste du calcul tient.

Comment réduire le taux de retour sans le deviner ?+

Par trois gestes qui se mesurent, pas par trois intentions : confirmer le numéro avant que l'étiquette soit imprimée, annoncer une date de réception en fonction de la zone de la wilaya et non de la ville, et séparer le domicile du stop desk quand la cliente passe chaque jour devant le bureau du transporteur. Le premier est celui dont le coût se voit le plus vite.

Une pièce unique retournée vaut-il la peine d'être renvoyée ?+

Cela dépend du second trajet et du temps d'immobilisation. Une pièce à 1 500 DA qui a déjà coûté l'aller, le retour, et qui reste dix jours en route avant d'être représentée en direct coûte souvent plus que sa marge. Le calcul se pose à la wilaya, pas à la marchandise : c'est le trajet qui change d'une zone à l'autre.

LiveShop calcule-t-il ce coût à ma place ?+

Il tient les trois données dont le calcul a besoin : la zone de la wilaya de destination, le mode de remise — domicile ou stop desk — et l'état de chaque commande, du numéro confirmé au colis parti. Ce que nous ne faisons pas : inventer un tarif de retour que votre contrat ne prévoit pas. Le grisé reste à compléter avec votre grille.

Ce calcul se fait dans l'outil, numéro par numéro.

LiveShop tient les quantités pendant le direct, bloque l'expédition d'un numéro non confirmé, sort les bordereaux par lot et relance les impayés. Le premier mois est offert, sans carte bancaire.

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